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Le club-école du Canadien à Laval

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Selon les dernières rumeurs, les Canadiens sont prêts à annoncer le déménagement de leur filiale à Laval.

St. John's IceCaps/Colin Peddle

Lorsque le Canadien a déménagé son club-école en 2015 de Hamilton, Ontario vers Terre-Neuve, il a seulement paraphé une entente de deux saisons avec l'organisation des IceCaps. Il s'agit d’un secret de polichinelle que le Canadien de Montréal a toujours eu comme plan de passer par Terre-Neuve pour ensuite se rapprocher de Montréal, notamment à Laval. Une conférence de presse lundi, à Laval, devrait annoncer la nouvelle.


Pourquoi Laval?

La nouvelle tendance chez les équipes de la Ligue nationale de hockey est de se tenir à proximité des club-écoles. Les Maples Leafs et les Marlies partagent la métropole de Toronto. Les équipes de l'ouest comme San Jose, Anaheim, et Los Angeles ont tous profité de l'expansion vers l'ouest de la Ligue Américaine de Hockey pour y établir leurs nouvelles filiales.

Tout récemment, les Coyotes de l'Arizona ont acheté les Falcons de Springfield (à 3,575km de Glendale) pour ensuite les déménager 3000 kilomètres plus près à Tuscon. L'objectif est de baisser les frais de transport, et aussi d'avoir un accès immédiat aux joueurs en cas de blessures.

Le Canadien, en déménageant à Laval, serait à deux pas de Montréal, plutôt qu'à 1600 km de route à Terre-Neuve. Cela permettra à Rob Ramage et Martin Lapointe, les principaux entraîneurs en charge du développement des joueurs, de pouvoir naviguer facilement entre les deux clubs.

Finalement, déplacer le club-école à Laval ne nuirait pas aux désirs des partisans des Nordiques, qui espèrent retrouver leur équipe prochainement. La dernière fois que le Canadien avait un club-école dans la province, c’était dans la ville de Québec, de 1999 à 2002. L'équipe se nommait alors les Citadelles.

Les nostalgiques des Nordiques, encore amers, ne pouvaient pas vraiment supporter l’idée de soudainement devenir partisans des Canadiens de Montréal après deux décennies de conflit, et l’équipe, avec les estrades vides au vieux Colisée, a fini par déménager à Hamilton.

La même histoire se produit à Hamilton, territoire incontesté des Maple Leafs de Toronto. En fait, même à Saint John's, la foule se divise entre les partisans du Canadien et des Maple Leafs. À Laval, on retrouve l'effet qu'avait eu Sherbrooke dans la LAH, entre 1984 et 1990, car la population aura un sentiment d'appartenance fort pour le Bleu Blanc Rouge.

Quelle équipe?

Il y a plusieurs options pour obtenir une équipe de la LAH à Laval. La première serait d'acheter les IceCaps et de les déménager, comme les Coyotes l'ont fait avec les Falcons de Springfield. La Ligue américaine n'aimerait probablement cette option puisque Terre-Neuve est un bon marché, avec une foule moyenne de 5,700 spectateurs par match. Springfield était en revanche le pire marché de la ligue (3,100 par moyenne), alors le déménagement n’était pas une décision difficile.

La deuxième option serait une nouvelle équipe par voie d'expansion. Puisque Las Vegas rejoindra la LNH comme 31e équipe pour la saison 2017-18, la LAH devra aussi ajouter une formation. Ainsi, le Canadien pourrait obtenir une nouvelle équipe à Laval, et Las Vegas aurait son club-école à Saint John's.

Quelle patinoire?

La Place Bell sera complétée pendant l’été 2017, à un coût de 200 millions de dollars, subventionné par la Ville de Laval ($120M), La Province du Québec ($40M), et Bell ($40M). L’amphithéâtre inclura une patinoire principale avec 10,000 sièges, une deuxième surface de dimension olympique, et une troisième comme patinoire communautaire.

La patinoire principale est parfaite pour accueillir une équipe de la LAH. En moyenne les équipes de la LAH attirent 5,982 spectateurs par match - les meilleures en attirent près de 10,000. Il ne fait pas de doute que le Canadien serait populaire à Laval, puisque la Place Bell est facilement accessible à partir de Montréal, grâce au transport public situé près du métro Montmorency.

Quel nom?

Ça serait très surprenant de voir le Canadien utiliser les noms des IceCaps ou des Bulldogs à Laval. Il est donc presque garanti que le club-école serait rebaptisé. La première option serait simplement de penser aux noms des clubs-écoles à Sherbrooke et Fredericton dans les années 80 et 90, et opter pour le "Canadien de Laval".

Ça sonne bien, mais le problème c'est que ça n'offre pas une nouvelle marque que l'organisation peut monétiser. C'est une business après tout, et la vente de chandails d'équipe est très profitable dans le monde du sport. L'organisation du Canadien peut déjà compter sur les chandails du Canadien (et toutes ses variantes) et des Canadiennes, alors une troisième marque serait fort probable.

Également, on pourrait se tourner vers l'histoire des équipes de hockey de Laval: le National (1971-79), les Voisins (1979-1985), et le Titan (1985-98). Le Titan est désormais à Acadie-Bathurst au Nouveau-Brunswick alors ce nom n'est probablement pas disponible. Le Canadien pourrait faire un retour dans le passé et retrouver le nom d'un de ces anciens club-écoles, les Voyageurs.

Finalement on pourrait utiliser un nom complètement nouveau qui évoque Laval et l'affiliation avec le Canadien. Le "Bleu, Blanc, Rouge et Or"? #onjase ;)

Quels joueurs?

Être lié au Canadien est déjà un bon début pour attirer des foules, mais le club-école doit avoir dans ses rangs des joueurs qui plairont aux partisans et sauront offrir un bon spectacle. Les choix de première ronde Noah Juulsen et Mikhail Sergachev devraient représenter les meilleurs espoirs du Tricolore à Laval en 2017-2018.

À l'attaque on devrait avoir le plaisir de regarder Nikita Scherbak et Martin Reway terminer leurs stages dans la LAH, et voir les débuts professionnels de Jake Evans, ainsi que l'arrivée en Amérique du Nord de Lukas Vejdemo. Des vétérans de troisième année comme Mark MacMillan et Brett Lernout devraient toujours être en attente de leur chance avec le Canadien. Au mieux, ils seront à cheval entre la LNH et la Ligue américaine.

Les Francophones devraient être représentés dès la saison inaugurale, grâce à Simon Bourque, Daniel Audette, Jeremy Gregoire, Zachary Fucale, Tim Bozon (un Français de France), et peut-être l'espoir nouvellement repêché Will Bitten.

Déjà des liens avec Laval

Il existe déjà des liens entre la Ville de Laval et le Canadien. Beaucoup d’entraîneurs dans l'organisation ont participé au hockey à Laval d'une manière ou d'une autre. Sylvain Lefebvre, Donald Audette, et Martin Lapointe sont des anciens du Titan de Laval, et Jean-Jacques Daigneault a déjà porté l'uniforme des Voisins de Laval. Michel Therrien a commencé sa carrière d’entraîneur avec le Titan de Laval en 1990. Zachary Fucale est né à Laval, et serait fort probablement la vedette de l'équipe si tout se déroule bien.

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Alors, cette année, on suivra encore les espoirs du Canadien à Terre-Neuve, et on espérera finalement qu'ils débloquent et réussissent à se classer en séries éliminatoires. Mais aussi, on aura droit à une saison mouvementée avec une annonce probable de déménagement accompagnée de toutes sortes d'émotions et de douleurs pour les partisans de Saint John's qui vont perdre une deuxième équipe en trois ans.

On leur souhaite une saison excitante et on espère que leur avenir sera rapidement fixé en vue de la saison suivante. En espérant que les IceCaps soient adoptés par une autre équipe de la LNH...