Évité de justesse: Sestit(r)o tard pour en parler?

Enwèye, fesse! - Eric Hartline-USA TODAY Sports

Trois équipes ont apparemment déposé une réclamation sur Tom Sestito, placé hier au ballotage par les Flyers de Philadelphie. Ces trois équipes : Chicago, Vancouver et… Montréal. Curieuse décision? Pas vraiment.

Le colosse Tom Sestito (6’5’’, 228 lbs), placé hier au ballotage par les Flyers de Philadelphie, a été réclamé aujourd’hui par les Canucks de Vancouver, pour remplacer Aaron Volpatti, subtilisé de la même façon par les Caps de Washington.

Hum!

Cette nouvelle n’a, en soi, rien d’émouvant (d’aucuns diraient, d’intéressant). Sa pertinence s’explique toutefois de par une information qui reste à confirmer, voulant que trois équipes aient déposé une réclamation sur l’individu. Ces trois équipes : Chicago, Vancouver et… Montréal. En vertu de leur position inférieure au classement, ce sont les Canucks qui ont pu mettre la main sur le douteux mais indubitablement gros lot.

Ah…bon! Comme dirait le Général : Next question?

Quoique… holà! Pas si vite!

Qu’est-ce qui se cache donc derrière ce quasi-mouvement de personnel ?

Tom Sestito a 26 ans. C’est un ailier gauche " de cinquième trio ", un joueur destiné à passer sa carrière à faire la navette entre la Ligue Américaine et la LNH. Son premier match en cette dernière remonte à 2007. Depuis, il en a joué 33 autres, se ménageant une fiche de 7 points et 159 minutes de punition. Un joueur de rôle, quoi. Un rôle par ailleurs bien défini.

En d’autres termes, Sestito est un goon.

Ainsi donc, Marc Bergevin aurait sérieusement tenté de mettre la main sur ce fier-à-bras de bas de gamme. Bien plus, vu que son statut aurait forcé Sestito à demeurer au sein de l’alignement montréalais (le rétrograder à Hamilton aurait nécessité une nouvelle mise au ballotage), il faut en déduire que Bergevin (ou Therrien) estime vraiment avoir, à court terme, besoin d‘un gros-bras.

Cette stratégie, même adoptée à l’instar de la meilleure équipe de la Ligue, ne m’inspire guère : j’aime mieux voir s’aligner des joueurs de hockey dont la fonction est de jouer au hockey, et qui en sont en fait capable. Là n’est pas la question.

La question est plutôt : comment aurait-on fait de la place à un Tom Sestito?

Même si l’absence de René Bourque (et celle de Raphaël Diaz) semble devoir se prolonger indéfiniment, ce qui en soi est problématique, il serait surprenant que l’on ait recruté Sestito pour flanquer Plekanec (ou Gorges!). Par ailleurs, les compétences douteuses de l’ex-Flyers semblent limiter son utilité au quatrième trio, sur lequel évoluent déjà Travis Moen, Ryan White et Colby Armstrong, voire Brandon Prust (ou, hélas! Lars Eller…) si tout le monde est en santé. Ce qui suggère deux éléments de réflexion intéressants.

Tom Sestito n’est pas un centre. Il ne s’agit donc pas à prime abord de pallier les hypothétiques lacunes de Ryan White (de surcroît, Sestito est gaucher). On ne s’attendrait pas non plus à voir Michel Therrien éjecter son allié Colby Armstrong, dont il a vanté les mérites, au profit du " toffe de service ". De même, reléguer au profit de Sestito un Lars Eller ou un Michael Ryder à la galerie de presse paraît encore moins plausible (du moins, c’est à souhaiter!). Il faut donc en croire que c’est des services du vétéran Travis Moen que l’on n’est pas satisfait.

Celui-ci a même déjà visité les hauteurs du Centre Bell cette année (sous prétexte de blessure). Moen, comme feu Gomez et Cole, est un héritage de la précédente administration. Cependant, cet été, on a cru bon de le ramener sous le pavillon tricolore en paraphant avec lui un contrat de quatre ans, dont les deux premières assorties d’une clause de non-échange (!). Ce n'est donc pas, à prime abord, un indésirable.

D'autre part, comme nous le démontrent les judicieux commentaires de notre collègue Olivier, le 4e trio sur lequel évolue Moen accomplit jusqu’ici un boulot plus qu’honorable : on l’emploie en complément de celui de Plekanec, afin de tenir en respect les meilleurs éléments adverses. Il faut donc avoir un motif valable pour le démanteler. En outre, Moen contribue utilement à l’une des principales unités de désavantage numérique. Il n’est donc pas un poids mort.

Force nous est donc de constater que c’est du côté de la robustesse, ou plutôt de son absence qu’il faudrait chercher la cause des maux du #32. Moen, donc, ne remplirait pas l’une des fonctions qu’on entendait lui confier, soit celle de goon alternatif. Ce qui nous amène au second point.

Pourquoi chercher un goon alternatif?

Malgré ce qu’on peut lire ou entendre un peu partout, le CH n’a perdu aucun match cet année parce qu’il s’est fait " sortir du match " par une équipe plus robuste, ou parce qu’il aurait été " intimidé " : les ébats malencontreux lors de l'infâme confrontation torontoise se sont déroulés alors que le match était déjà bien hors de portée. Par ailleurs, la recette bleu-blanc-rouge semble connaître un certain succès, puisque l’équipe occupe actuellement le 3e rang au classement cumulatif de la Ligue. Cette soudaine soif de brutes ne reflète donc pas une carence structurelle : remplacer du talent par de la viande à ce stade n’a aucun sens. Le problème est donc circonstanciel, et il a un nom : Brandon Prust.

Le rôle de matamore en chef devait à l’origine, et sans l’ombre d’un doute, être dévolu à Prust, arrivé en fanfare à Montréal sous les labels de " l’homme fort qu’il nous fallait " et de " nouveau shérif en ville ". Le fardeau de se colleter avec les taupins adverses lui incombait de droit, bien que Moen et White (voire Armstrong) étaient censé lui apporter le soutien voulu. Voulu, mais pas encore venu.

Se pourrait-il que les performances de Prust, baladé avec une efficacité étonnante sur les trois premiers trios depuis le début de la saison, aient surpris ses patrons autant que les partisans?

Se pourrait-il que les têtes dirigeantes du CH aient décidé que le #8 leur était plus utile sur la glace – à jouer au hockey, quelle idée! – qu’au cachot, et qu’en conséquence, on ait décidé de tenir un nouveau casting pour le rôle apparemment indispensable de gorille?

Dans le même ordre d'idée, il se peut fort bien que le désintérêt de Moen pour la chose pugilistique inquiète les patrons du CH parce qu’il expose Prust - qui, à toutes fins utiles, a volé au #32 le job de remplaçant de top 6 de luxe qui était si clairement le sien sous Jacques Martin - à une usure dangereuse. L’on craindrait alors pour la santé du #8 s’il est laissé seul à tenter de faire la loi et à " imposer le respect " sur la glace (il semble d’ailleurs déjà un peu amoché). Sestito ou son prochain avatar représenterait donc pour les Glorieux une police d’assurance musclée…

En d’autres termes, il nous faut désormais un garde du corps pour le garde du corps.

Je crois qu'on appelle cela une spirale de violence!

Merci, Vancouver.

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