Retour sur le match Montréal vs Pittsburgh

Richard Wolowicz

Le Canadien stoppe une des puissances de la ligue.

Une des puissances de l'Est, les Penguins sont bâtis sur un moule atypique: un haut d'alignement articulé autour de Crosby, Malkin et, dans une moindre mesure, James Neal. Puis un ensemble d'attaquants fiables, disciplinés, rompus à toutes les phases du jeu et sachant jouer rude. En défensive? Un gros duo défensif, Orpiks et Martin, avec un défenseur offensif, mais versatile en Letang, accompagné d'un jeune prometteur. Après, le déluge.

Cette équipe est pénible à affronter parce qu'impossible à arrêter, on ne peut que tenter de ralentir Crosby et espérer accrocher Malkin en zone défensive. Autrement, Bylsma n'a qu'à intercaler son 3e trio de temps à autre et on se retrouvera nécessairement à exposer le bas de l'alignement à Malkin, qui en fera nécessairement de la chair à pâté. Pour les battre, ça prend un excellent gardien et 3 duos de défenseurs capables de tenir leur bout en eaux troubles. Le CH n'y est pas encore tout à fait, alors forcément, les pentures ont grincé.

On a eu droit à d'intéressants choix tactiques, en fait. Le CH a semblé concéder la zone neutre tout au long de la soirée, laissant les Penguins la traverser et entrer en zone du Canadien en possession de rondelle encore et encore (37 fois à forces égales!). Les Penguins, lorsqu'ils entrent à pleine vitesse, ne se contentent pas de foncer au filet, ils exploitent continuellement la longue passe latérale, quitte à l'envoyer à un défenseur avançant une dizaine de pieds devant la zone neutre. Ces manoeuvres visent à faire déplacer le gardien au maximum et, éventuellement, à le fatiguer. Peu de clubs ont l'habileté et surtout la patience nécessaire pour effectuer un pareil travail de sape. Pittsburgh a bien failli rattraper le CH en fin de compte.

Mais si Montréal semblait concéder la zone neutre, c'est en partie parce que, incapables de gagner la zone adverse en contrôle de rondelle avec régularité, ils ont fait le choix dégager et pratiquer systématiquement un échec avant à deux joueurs, et ce jusqu'à tard en troisième période. Ça n'était pas un mauvais choix, Pittsburgh étant instable en défensive. Au bout du compte, les deux points sont au tableau.

  • Braqué contre Crosby, Plekanec termine dans le rouge et avec un but pour son malheur. Soirées ingrate que celle-là, surtout lorsqu'on considère que son trio a connu des difficultés lorsque jumelés à Gorges et Emelin. Brière a continué aux côtés de Pleks jusqu'au milieu de la 3e, après quoi Moen a pris sa place. Je sens que ce compromis va durer encore un moment, le 48 apportant un réel avantage en zone offensive.
  • Le trio d'Eller s'est fait mettre quelques taloches par Malkin, mais ils ont bien tenu contre la balance de l'alignement. Encore une seule chance à 5 contre 5. Va-t-il falloir leur redonner Gallagher pour rallumer le moteur? Galchenyuk a semblé plus incisif aujourd'hui, qui sait, peut-être avait-on besoin de le séparer de son pote pour le forcer à prendre plus d'initiatives?
  • Moins de poussées aux zones de mises en jeu pour Desharnais, mais Pacioretty et Gallagher étaient là. Ils ont su coincer Malkin à quelques reprises dans son territoire et Pacioretty ramasse deux buts pour son malheur. Comme quoi.
  • Plus pénible ce soir pour la 4e, qui n'a pas les outils pour contenir un Malkin, surtout pas si la défensive est erratique.. Dans ces temps-là, on espère que Price soit en feu (il l'était)
  • Therrien a commencé par envoyer Emelin/Gorges comme Crosby mais s'est rapidement ravisé et c'est Subban et Markov qui ont ramassé le bill et l'ont payé sans broncher. Leur tombe dessus ce qui est probablement la plus dure assignation dans la LNH à l'heure actuelle et ils payent comptant et partent les poches pleines: 5 mises en zone défensive contre une seule en zone offensive, 4 chances contre une accordée, +17/-10 aux TVF. Mazette.
  • Ben, Emelin n'est pas encore revenu à son rythme de croisière hein, alors ça a fait dur contre Crosby et Malkin. À le regarder hésiter en zone neutre, je réalise que si les attaquants font désormais un échec avant à deux, parfois même trois joueurs, les défenseurs, eux, pinchent beaucoup moins. Or, quand Emelin jouait l'an dernier, ça ne marchait pas comme ça et clairement cet ajustement lui coute à l'heure actuelle.
  • Une drôle d'odeur sortait de la cuisine lorsque Diaz et Bouillon jouaient contre le top-6 de Pittsburgh, mais ils ne l'ont pas fait suivant et contre les 3e et 4 trios, tout baignait.


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