Retour sur le match Canadiens vs Stars

Richard Wolowicz

Le haut de l'alignement cuisine au gaz...

Pour la première fois de l'année, Therrien a complètement joué les confrontations, assignant chaque trio à des adversaires définis. La chose me semble digne de mention parce que l'an dernier, s'il a usé de ce stratagème pour Plekanec, Therrien a surtout géré ses trios en fonction des mises en jeu. Il avait conservé ce mode d'opération cette saison, quoi de de manière moins suivie, blessures et roulement de personnel oblige. Retournement, donc, ce soir.

Globalement, l'équipe termine lourdement en déficit aux tirs vers le filet: +39/-59 à forces égales. On peut chicaner sur les effets de score, reste qu'ils les ont laissés se promener dans leur zone, ce qui a pu être compensé par un nombre impressionnant de tirs bloqués, soit 26 des 59 tentatives de Dallas. Je suis de ceux qui croient que ce genre de performances est difficile à reproduire et qu'au bout du compte, l'avantage marginal gagné par l'adoption d'une structure défensive favorisant le cumul des tirs bloqués est à terme déficitaire face au temps supplémentaire qu'on laisse à l'adversaire dans sa propre zone.

Je dis ça pour donner un élément de contexte important au score total des chances de marquer, avantageant largement le CH à forces égales, 15 contre 9. De plus, ils n'ont donné qu'une seule chance de marquer suite à une entrée de zone en possession de rondelle. Est-ce que nous sommes en présence d'un patron de jeu défensif délaissant la défensive-blitz du 4-1? Je ne crois pas. M'est avis qu'on est plutôt en présence d'un club qui, sur un deuxième match en deux soirs, a décidé d'en découdre avec son adversaire au fond de la ruelle, loin des lampadaires, au couteau. Pour un club soumis à un incessant échec avant contre San Jose et les Rangers, je peux comprendre le choix.
  • Le trio de Plekanec avait pour mission de couvrir le premier trio de Dallas (Seguin, Cole et Benn), passant plus du deux tiers de son temps contre eux. Ils les ont trucidés, 4 chances contre 0 et, si je ne m'abuse, pas même 5 tentatives de tirs données en près de 10 minutes à forces égales. Magistral. Bournival continue à se faire une place. À ce stade-ci, il n'est plus tant en train de consolider son poste aux côtés de Pleks que de s'acheter de la marge de manoeuvre lorsqu'il baissera de régime. Son émergence ouvre tellement de possibilités à Therrien pour la balance de l'alignement...
  • Eller et les Gally's étaient de garde contre Whitney, Eakins et Chiasson. Eux non plus n'ont concédé aucune chance à leur principale assignation, n'échappant le score parfait du trio de Pleks que d'une chance accordée au trio de Seguin. Galchenyuk semblait plus discret ces derniers temps, mais il s'est fendu contre Dallas de quelques séquences me laissant croire qu'il est en train de remonter en régime. Gallagher semble se distancier de Galchenyuk sur un point; ce dernier est laissé de côté aux mises en zone défensive au profit de White, alors que le petit #11 semble lui affermir et étendre son emprise sur le jeu en zone défensive. Qu'il produise en attaque était déjà fantastique, mais s'il s'avère aussi un contributeur net au jeu défensif...
  • Collés sur le vieux Horcoff, Peverley et Nichuchkin (qui n'est pas encore tout à fait arrivé, mais qui va certainement terroriser la ligue d'ici 40 matchs), le trio de Desharnais était celui de tous les dangers. 4 mises en zone défensive pour une en zone offensive contre leur principal adversaire, ils ont tenu: jeu égal aux tirs et 3 chances collées contre une donnée. Si le gros Bourque et DD ont semblé égaux à eux même, on a vu Leblanc continuer à s'affirmer. Curieux joueur, le Louis. Comme tous les premiers choix, on ne se lasse pas de le suranalyser. Je dirai simplement qu'il me semble à un match ou deux de ne laisser aucune chance à Blunden ou Holland de lui survivre dans l'alignement. Le vrai test, pour lui, viendra lorsque le premier vétéran blessé retournera dans le top-9. Le 71 aura alors, avec White, Blunden ou encore Moen, à s'installer comme challenger d'un poste dans le top-9. Il en est capable, même Prust selon moi n'a pas son flair offensif. Je serais curieux de le voir épauler DD et Pacioretty. Mais pour ça, il devra tasser le gros Bourque. On verra.
  • Therrien disait des jeunes que lorsque les choses se corsent et les erreurs surviennent, certains continuent à pousser alors que d'autres perdent leurs moyens. Bournival a connu quelques matchs discrets, mais continue à offrir de bonnes performances. Leblanc? Trop tôt, attendons encore quelques matchs, il n'a pas encore commencé à trébucher (ça va venir). Holland semble présentement s'effacer. À moins d'un autre coup de freak de la part de Pacioretty, il a encore quelques matchs pour rebondir, sans quoi il partira avant Blunden, limité, mais égal à lui-même. White, pendant ce temps, continue son job ingrat, mais nécessaire. Comme trio, ils ont été courageux, mais, au bout du compte, complètement dépassés.
  • Markov et Subban alternaient entre Whitney et Horcoff. Leurs seuls moments pénibles étaient en compagnie de la 4e. Autrement, tout baignait, Markov se fendant même de quelques belles passes coupées en zone neutre, comme dans le bon vieux temps.
  • Gorges et Diaz étaient principalement sur le cas de Seguin, qu'ils ont aimablement dominé. Parce qu'ils ne font ni montées à l'emporte-pièce, ni jeux coupés en zone neutre (ils n'en ont pas le talent et le savent), ni mises en échec retentissante (ils n'en ont pas la force), ils sont simplement, méthodiquement, continuellement dans les jambes des meilleurs éléments adverses. De fait, ils sont tous deux vifs sur patins, imperturbable sous l'échec avant et consciencieux dans l'utilisation des espaces libres pour gagner du temps. Ça donne l'impression que rien ne se passe et que le jeu est décousu et ça marche, encore et toujours. Les héros obscurs de l'édition actuelle du CH, rien de moins.
  • Murray et Bouillon sont d'un courage physique exemplaire. Mais réuni, le résultat est sordide. 2 tirs tentés par l'équipe en leur présence contre 13 concédés, 4 chances concédées, mais aucune générée. Ajoutons qu'ils jouaient contre Horcoff et Whitney. Esthétiquement, l'identité bien définie de Murray rassure, mais aux chiffres, entre lui, Tinordi et Beaulieu, c'est la même maudite affaire sinon pire.

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