Le contrat Subban : pour en finir avec la question …

Le débat autour du salaire que mérite ou non PK n’en finit plus de rager… et de faire enrager ceux qui gardent la tête froide. Les arguties s’éparpillent dans toutes les directions. Regard analytique sur les arguments les plus fréquents.

  • PK au vif...

Comme chacun sait, les négociations n’en finissent plus d’achopper entre le clan Subban et le Canadien, dépassant désormais le stade de la simple " distraction " pour atteindre celui du psychodrame. Cela n’a rien de surprenant pour qui a vécu le dernier cas du genre (vous vous souvenez de l’été 2010, et de la " relation irrémédiablement détériorée " entre Carey Price et les partisans qui devait s’ensuivre ?). Malheureusement, le durcissement des positions de principe sur lesquels s’arc-boutent les principaux intéressés – le statut de Subban, le modèle financier de Marc Bergevin – ne laissent augurer rien de bon pour la suite des choses.

Le temps passe, les matchs aussi, et rien n’aboutit. Inévitablement, la polémique s’installe, et tend hélas! à se noyer dans une marée d’inepties dont il devient difficile de se dépêtrer. C’est pourtant ce que nous allons tenter de faire ici, en s’assurant le concours de quelques analystes en vue. Toutefois, avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de disperser d’emblée cet épouvantail intellectuel qu’est la " personnalité " de P.K. Subban.

  • L’histoire officielle : PK est une diva

Nul ne peut nier que le jeune homme est flamboyant et qu’il a un faible pour les micros et caméras. Il est fort en gueule et semble déborder de confiance. C’est là un cocktail qui, dans quelque environnement que ce soit, n’aura pas l’heur de plaire à tout le monde. De là à en faire un cas, il y a une marge que l’on franchit allègrement… et un peu trop facilement.

o La popularité de PK fait de l’ombre à ses coéquipiers

Cette assertion fréquente, issue d’une douteuse exégèse de portions d’entrevues, n’a jamais été prouvée. Quand bien même elle le serait, et alors? Si les troupiers du CH ont une estime de soi si fragile que seule la jalousie leur permet de sauver la face devant l’exubérance d’un collègue (et d’un collègue qui a des raisons de se vanter, de surcroît), leur piètre tenue n’a rien d’étonnant. Malgré ce qu’on tente souvent de nous faire avaler, c’est avant tout sur la glace, et non " dans la chambre " que la valeur d’un joueur se manifeste. Et il y a fort à parier que ceux qui y gagnent leur vie en sont parfaitement conscients!

o Variante nocive : PK est un poison dans le vestiaire

Voilà un argument imbécile, s’il en est. En plus de ne reposer sur aucune donnée vérifiable, cette scie, portée par des rumeurs insidieuses et des interprétations farfelues jouissant d’autant de crédibilité que celles qui faisaient jadis de Carey Price le mouton noir de l’équipe, est pourtant véhiculée par les media avec un enthousiasme malsain. Cela relève d’un journalisme jaune aux relents de soufre. Après tout, il est quand même curieux de constater, comme le note Elliotte Friedman ("No one is attacking Benn's character or O'Reilly's, but there are whispers about Subban's." http://www.cbc.ca/sports/hockey/opinion/2013/01/30-thoughts-jamie-benn-among-the-unsigned-three.html) que nul ne profère d’attaques personnelles de ce genre à l’égard des grévistes de Dallas et du Colorado. Pourtant, Ryan O’Reilly fait bien pire que regarder des matchs de la NBA : il joue en KHL alors que l’Avalanche se démène. Il devrait penser à l’équipe!

o PK abuse de sa popularité

Ce procès d’intention, notamment véhiculé avec toute la subtilité qu’on lui connaît par le coloré Ron Fournier, se basé sur le fumeux cliché de l’amateur émotif, préjugeant que le support à toute position divergeant du désormais célèbre étalon de " 2 ans/$3M " ne repose que sur " l‘amour " voué à PK, sans lien avec sa valeur réelle (en bref, " Tu connais pas ça! "). On peut savourer l’ironie qui permet de défendre une position ($3M pour 2 ans!) qui n’a pas de réel fondement rationnel, en plaidant l’émotivité de l’adversaire… afin d’éviter soigneusement d’avoir à lui répondre par la logique !

  • Trop c'est trop: PK a les yeux plus grands que la pan$e

Alors que les négociations se poursuivent dans la discrétion d’usage, sans coulées révélatrices, tout un chacun prétend savoir de quoi il retourne. D’aucuns blâment la rapacité de l’agent Don Meehan, ou le bas mercantilisme et l’ego hypertrophié d’un Subban exigeant plus que ce qu’il mérite; d’autres vilipendent Marc Bergevin et son évaluation à courte vue. Le tout sans moyen avéré d’étayer leurs positions.

Ceci étant, il n’est pas non plus impossible de former un jugement. On peut en effet dégager des données disponibles une position cohérente, qui permet de contrer certaines thèses à la mode.

o .PK est trop jeune, il a des croûtes à manger

Subban est un jeune joueur, certes. Mais c’est aussi un défenseur qui a assumé le poste de #1 avec une équipe en déroute, portant la défensive de son équipe à bout de bras et assumant à la fois le rôle de pilier défensif (" shutdown defenseman ") et de moteur offensif, jouant 25 minutes par partie. Pourquoi ne chercherait-il pas un contrat digne d’un #1 ? Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années !

Maints commentateurs – y compris certains payés pour ce faire – affirment que la saison qu’a connu Subban était décevante, voire médiocre, et qu’à tout prendre PK n’est pas indispensable aux succès de l’équipe (!). Foutaises, rétorqueront (en chœur!) les analystes adeptes de statistiques fines : le CH a entre les mains un véritable joyau, l’un des meilleurs jeunes défenseurs –voire défenseurs tout court – du circuit. Notre collègue Bruce Peter en fait d’ailleurs une éloquente démonstration (http://www.habseyesontheprize.com/2013/1/21/3884474/p-k-subban-vs-his-peers-habs-montreal-canadiens):

"There are only a handful of young defensemen that compare to Subban, and they have either been handsomely rewarded (Doughty, Karlsson) or are a year away from their big payday (Pietrangelo, McDonagh). (…) Simply put, there is hardly an outrageous contract out there that Subban could sign with the Canadiens. He's clearly their best positional player. He's elite amongst all defenders, and especially amongst those his own age. He's got several of his best years ahead of him. (…) P.K. Subban is a star. And it's outrageous that it's taken this long to get him under contract for 2012-13."

o PK n’est pas Drew Doughty, il ne vaut pas $5M…

Subban n’est peut-être pas Doughty. Il n’est pas davantage Bobby Orr. Mais comme le souligne, chiffres à l’appui, Christopher Boucher (http://www.boucherscouting.com/2012/01/pk-subban-by-numbers.html?m=0), PK n’en est pas moins le meilleur patineur du Canadien : "PK Subban is not infallible. He is not the second coming. He is not superman. He is simply the most involved, most influential, and most successful skater on the current Montreal Canadiens roster. Did I mention he was 22-years-old?"

Dans son plaidoyer favorable (http://www.habseyesontheprize.com/2013/1/20/3897392/the-holdout-in-defense-of-p-k-subban ), Andrew Berkshire a compilé une liste exhaustive de 72 défenseurs qu’il estime inférieurs au #76 (même à ce stade de sa carrière, sans parler de ce qu’il peut devenir), et qui gagnent pourtant plus de $3M par année. Dans une plage plus généreuse de $4,5M et plus, on retrouve Jack Johnson, Ron Hainsey (!), Joni Pitkanen, Jason Garrison et Alex Goligoski, alors que Dennis Wideman, Dustin Byfuglien, James Wisniewski et Matt Carle font plus de $5,2M par an…

o … et il doit accepter un contrat semblable à ses "comparables"

Quiconque prétend que les Michael del Zotto, Dimitri Kulikov, Zach Bogosian ou autre sont acceptables à titre de comparable à PK doit, en toute logique, être prêt à conclure un échange direct impliquant Subban et le candidat indiqué. Non merci. Si vous échangeriez volontiers Subban pour un Michael Del Zotto, tout ce que vous mériteriez est que le CH le fasse…

Pour se convaincre du ridicule de cette analogie, malgré le facile parallèle tracé entre leurs statistiques offensives, on peut consulter l’argumentaire technique étoffé de Mathieu Roy à cet effet (http://awinninghabit.com/2013/01/18/pk-subban-and-comparables ):

" The inability to sign Subban is perplexing. As the team’s best defenseman, as one of the elite young defensemen in the game, he is probably the team’s most valuable, most impactful player (…). This is the kind of player a team should want to lock up long-term, particularly early when the yearly cost might not reflect his ability down the line and the RFA years can be used to cushion the blow of his UFA years."

  • Un passage obligé? - la question du " contrat-passerelle "

Le déclin de ce type d'entente à court terme, séparant le contrat d’entrée obligatoire du premier contrat vraiment lucratif accordé à un agent libre avec restriction (notamment parce qu’il devient alors éligible à l’arbitrage) était l’un des problèmes ciblés par les propriétaires lors du lock-out. Toutefois, il est difficile d’imaginer que les nouvelles dispositions puissent maintenir cette mesure en place, à tout le moins pour les jeunes joueurs exceptionnels. Tenir mordicus à ce procédé n’a de sens que si l’on estime que Subban n’a pas (ou pas encore) les aptitudes nécessaires pour mériter ce qualificatif.

o PK doit accepter un contrat à court terme...

Non. Contrairement à la plupart de ceux qui se voient offrir un tel " pont ", Subban s’est déjà établi, en moins de deux ans, comme un joueur d’élite qui, de surcroît, rend meilleurs ceux qui l’entourent, comme l’a démontré Cam Charron - http://theleafsnation.com/2013/1/15/should-the-leafs-sign-any-of-the-big-three-rfas-to-an-offer-sheet : "Other than a very good centreman in Tomas Plekanec, every player does better with than without PK on the ice. Lars Eller, Andrei Kostitsyn, Hal Gill and David Desharnais go from sub-50% players to possession players with PK. That's the effect a top defenceman can have on the club."

Subban n’a aucune raison de se contenter d’une simple passerelle, à moins de mettre les intérêts (commerciaux) de l’équipe à tel point au-dessus des siens qu’on pourrait remettre en cause son équilibre mental. Il n’est pas ici question de " se croire plus important que l’équipe " : de telles considérations n’ont rien à faire dans une transaction commerciale, comme l’a amplement démontré le lock-out dont on s’extirpe à peine. Subban plaide pour obtenir ce qu’il vaut. Il aura bien assez d’occasions, en bloquant des rondelles ou en acceptant des mises en échec, de " se sacrifier pour l’équipe "…

Il n’est pas moins ridicule de s’attendre à ce qu’un joueur ou, pire, son agent, accepte de se dévaluer à un tel point sous le fallacieux prétexte qu’il pourra se reprendre dans 2 ans. Si Subban subit une blessure grave d’ici là, le CH lui offrira-t-il un généreux contrat par grandeur d’âme? On peut en douter.

Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas procéder à l’analyse inverse? Après tout, en le repêchant en 2e ronde (probablement pour des raisons relatives à sa personnalité ou à sa popularité dans le vestiaire, démontrant à quel point ces vues sont délétères!), le CH a évité de lui payer un contrat assorti de bonis digne des jeunes étoiles montantes. Lui " doit "-il pour autant une compensation supplémentaire? Le contrat d’entrée de PK ($875,000/an pour 3 ans) n’est-il pas une aubaine comparé à ceux de Zach Bogosian ($3,375M), Luke Schenn ($2,975M), Alex Pietrangelo ($3,166,666), Erik Gudbranson ($3,2M) ou Victor Hedman ($3,5M), sans parler des Justin Schultz ($3,775M), Griffin Reinhart ($3,275M) ou Ryan Murray ($3,525M)?

o … comme l’ont fait les autres joueurs-étoiles du CH, Pacioretty et Price

De tous les clichés ressassés tant et plus dans ce débat, celui-ci est le plus détestable. En effet, ni l’un ni l’autre de ces cas ne se rapproche de celui qui nous occupe.

En 2010, Carey Price n’était pas encore un joueur pleinement établi. Il venait de terminer une saison difficile, s’étant fait supplanter entre les poteaux (et dans le cœur d’un grand nombre d’amateurs) par son substitut Jaroslav Halak, qui allait saisir l’occasion pour connaître des séries de rêve… et se voir promptement échanger par le DG Pierre Gauthier, créant les remous que l’on sait. Price avait par ailleurs passé l’été à attendre un contrat satisfaisant, finalement signé à la veille du camp d’entraînement. La polémique estivale qui s’ensuivit, digne d’une période référendaire, donna souvent lieu, même parmi les supposés experts, à des prises de position d’une paresse, voire d’une malhonnêteté intellectuelle insupportable… une époque qu’il serait navrant de revivre aujourd’hui.

L’entente souscrite en 2010 par le clan Price ($2,75M pour 2 ans), est souvent, mais à tort, citée en exemple, si tant est que ce contrat représentait exactement ce que Price valait à cette époque, en tenant compte des comparatifs disponibles (voir http://legrandclub.rds.ca/profils/516952/posts/87227 " Malgré qu’elles soient bien plus respectables que les anti- (" c’t’un soûlon pourri ! ") et les dubitatifs (" il n’a encore rien prouvé "…) ne voudraient bien le laisser croire, les performances de Price jusqu’ici ne lui ont pas permis de se hisser au niveau de l’élite, avec le salaire congru. "). On ne parle donc pas ici d’une somme ou d’un terme inférieur à la valeur du joueur sur le marché, mais bien d’un reflet de celle-ci. En outre, malgré sa " position de force " tant décriée sur toutes les tribunes, Price ne pouvait faire la grève ou de s’exiler en KHL sans entamer sérieusement son crédit, même avec le spectre d’Alex Auld comme gardien #1 : il n’avait pas encore consolidé son statut dans la ligue (sans parler de Montréal!) au degré où PK l’a fait.

Pire encore est la référence à l’entente conclue par Max Pacioretty durant l’été 2011. Le jeune ailier émergeait à peine d’une période – les adeptes du repêchage rétroactif voyaient en lui un autre " échec " du repêchage tricolore (et un symbole de l’incompétence de Trevor Timmins! – http://legrandclub.rds.ca/profils/516952/posts/45086) – et avait retrouvé les Glorieux après près d’une demi-saison avec les Bulldogs. Pacioretty allait hélas! subir en mars, aux mains (coude) du tristement célèbre Zdeno Chara, une blessure terrifiante qui remettait sérieusement en question son avenir comme joueur de hockey. Comment peut-on considérer le contrat offert alors à un joueur gravement hypothéqué comme un barème valide?

Par ailleurs, l’éclosion phénoménale du #67 dès la saison suivante allait lui valoir sans attendre un renouvellement de contrat à long terme. Or, Pacioretty s’est mérité $4,5M pour 7 ans alors qu’il n’a occupé qu’une seule saison le poste d’ailier gauche #1 du CH... soit moins longtemps que l’a fait son coéquipier Subban derrière lui.

o … parce qu’il a encore tout à prouver (ou pire, n’a encore rien prouvé!)

Compte tenu de ce qui précède, et puisque rien ne permet de prévoir, ou de justifier la crainte d’une baisse substantielle de régime pour P.K. Subban, ce point se passe de tout commentaire. Il se veut l’écho de celui qui, en pleine crise Halak-Price, arguait avec véhémence que le jeune portier du CH ne méritait au mieux qu’un contrat d’un an au salaire minimum, " juste pour voir "…

L’argument qui veut qu’une capitulation de la part de Bergevin serait mal vue des coéquipiers de Subban – et notamment de Price et Pacioretty – ne tient pas la route, à moins de prétendre que ceux-ci partagent l’opinion que le #76 n’est qu’un joueur en développement. Il est permis de croire que ceux-ci connaissent le hockey, et sont les mieux à même de vivre ce que représente pour l’équipe l’absence de son défenseur #1. Il y a donc fort à parier qu’ils l’accueilleraient bien volontiers plus tôt que tard… quitte à lui faire payer la bière!

  • Mais alors… Marc Bergevin est-il un idiot?

Pas du tout. Le DG a établi une structure salariale à laquelle il entend bien ne pas déroger (et dont, malgré toutes les rumeurs qui flottent, nul ne connaît les détails). Dans son contre-argumentaire au soutien de Bergevin (http://www.habseyesontheprize.com/2013/1/21/3900984/the-holdout-in-defense-of-habs-marc-bergevin), notre collègue Andrew Berkshire fait état des raisons possibles qui motivent ce choix, citant la nécessité de maintenir une certaine flexibilité dans la gestion à long terme de la masse salariale et une " philosophie organisationnelle " favorisant le recours systématique au contrat-passerelle. En outre, il se peut que l’état-major du CH ne partage pas la haute opinion que les analystes statistiques se font de Subban, ou encore que des éléments inconnus n’interviennent dans l’évaluation du dossier. Nous n’en savons rien.

En l’absence de telles circonstances, on aurait pu s’attendre à ce que le CH s’assure de verrouiller son noyau de jeunes prometteurs aussitôt que possible, afin de pouvoir construire sur des bases solides. C’est l’impression que donnait la signature à long terme de Price, Gorges et Pacioretty, assurant la stabilité du cœur de l’alignement pour les 6 ans à venir. Dans cette optique, et dans la mesure où Subban est considéré comme partie intégrante de ce groupe, un contrat de 6 ans n’aurait scandalisé personne… du moins avant que s’amorce la campagne de salissage qui sévit actuellement. À vrai dire, Subban à $25M ou moins pour 6 ans serait une extraordinaire aubaine, et n’en déplaise à ses dénigreurs, $30M serait tout à fait raisonnable. Reste à voir ce que l’avenir nous réserve…

Une chose est sûre. Si d’aventure la position ferme du CH se fondait sur l’opinion anti-élitiste voulant qu’il ne doit pas y avoir de traitement spécial réservé aux joueurs d’exception, nonobstant leur talent et leur contribution à l’ensemble, le futur du Canadien pourrait bien être morose… et les éventuelles négotiations avec Alex Galchenyuk ne s’annoncent pas de tout repos!

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